L’évocation du nom de Sparte charrie un flot de représentations variées, voire contradictoires, qui constituent les facettes du « Mirage spartiate », un discours sur la cité empreint de fantasmes, qui nimbent l’histoire de Sparte d’un épais brouillard. Construit par strates successives depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, ce mirage fait de Sparte une société austère, militariste, isolationniste et conservatrice, qui aurait banni les arts et le luxe autour du VIIe ou du VIe siècle av. J.-C., pour devenir une « cité-caserne » où l’individu s’efface derrière le collectif. Cette image est peu à peu déconstruite depuis une quarantaine d’années, grâce à l’étude croisée du mobilier archéologique, des images et des sources écrites, qui permet d’écrire une autre histoire.
Le luxe n’a pas disparu de Sparte, cité égalitariste en théorie, mais inégalitaire dans la pratique ; il y a pris de nouvelles formes, tant en raison d’évolutions internes à la cité que de phénomènes qui la dépassaient. La parure du corps du citoyen apparaît particulièrement normée, afin de lutter contre les manifestations individuelles de luxe et de limiter la visibilité des inégalités sociales. Après une réflexion d’ensemble sur la question du luxe à Sparte, l’enquête permettra de faire l’inventaire des éléments de parure spartiate dans les sources écrites, l’imagerie et la documentation archéologique. Nous tâcherons d’établir les éléments constitutifs de la parure du citoyen (vêtement, pilosité, armes…), avant d’en présenter les nombreuses variations possibles et de relativiser le caractère austère du mode de vie spartiate.
Une conférence proposée par Adrien DELAHAYE, maître de conférences, CRISES EA 4424, Université de Montpellier Paul-Valéry, mercredi 18 mars 2026 – 18h30 – auditorium du Musée Fabre.
Diffusion sur divergence, jeudi 19 mars 2026 – 20h30
Rediffusion dimanche 22 mars 2026 – 14h00