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Les produits de nettoyage, un danger chimique qui empoisonne des milliers d’employés, le saviez-vous ?

Chaque jour, dans les bureaux, les hôtels ou encore les usines, des salariés manipulent des produits toxiques et cancérogènes. Pourtant, dans le secteur du nettoyage, faire reconnaître un cancer comme maladie professionnelle reste un épuisant parcours du combattant.

Merci à la journaliste Céline Martelet qui a publié cet article le 30 avril 2026 pour Politis.

Écoutons…

Il y a des journées, des instants, qui vous marquent. Qui vous arrachent des larmes même des années plus tard. Pour Leila Ziat, tout bascule en novembre 2019, dans le service oncologie du CH d’Avignon, dans le Vaucluse. Ce jour-là, le docteur Borhane Slama lui annonce qu’elle n’a pas un cancer du sein comme elle pensait mais un lymphome stade 4, un cancer du sang particulièrement agressif.

À cette époque, Leila Ziat a 49 ans.

Depuis vingt-trois ans, elle est femme de chambre dans un hôtel très prisé des habitué·es du Festival d’Avignon. « J’utilisais de l’acide pour déboucher les toilettes. Je me brûlais les mains et après je toussais. Récemment, j’ai appris que l’Ajax en poudre était dangereux. Ma patronne me demandait aussi de déraciner les mauvaises herbes dans le jardin avec du glyphosate », se souvient Leila Ziat.

Avec précision, l’Avignonnaise décrit ces tâches épuisantes qu’elle enchaîne pour un salaire mensuel de 1 600 euros. Elle nettoie sans protection. Pas de gants, pas de masque. La femme de chambre connaît la dangerosité des produits que la responsable de l’hôtel lui met entre les mains. Mais elle accepte.

« Les salarié·es du nettoyage ont tout à fait conscience des dangers mais n’ont pas le choix parce que sans le travail vous perdez votre salaire et toute dignité. Ces travailleur·euses sont sacrifié·es, s’agace Souleymane Soumarou, du collectif parisien CGT du nettoyage. C’est un empoisonnement lent qui se fait sur plusieurs années. Et il n’y a pas que les cancers, 90 % des personnes qui travaillent dans le nettoyage ont des problèmes d’estomac parce qu’en se touchant la bouche, le nez chaque jour, on s’empoisonne avec des produits toxiques. »

Tout au long de son combat pour survivre, Leila Ziat n’a jamais soupçonné le moindre lien entre son travail et son cancer. Elle s’était même persuadée que le choc provoqué par la mort de sa mère avait déclenché sa maladie.

Le 14 juin 2023, elle est invitée à une réunion du Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle et environnementale dans le Vaucluse – le Giscope 84. Le souvenir de cette journée est intact : « Quand je me suis assise dans cette salle, il n’y avait que des gens malades autour de moi. Des hommes qui travaillent dans des usines et des femmes qui font le ménage. C’est là que j’ai compris le lien entre mon cancer et mon travail. Ça m’a mise tellement en colère. C’est injuste, c’est dégueulasse ! J’ai été exploitée pour au final me retrouver à l’hôpital en chimiothérapie ! Et pourtant, je m’en veux de n’avoir jamais pris aucune précaution. »

« La première question que se pose un patient nouvellement diagnostiqué, c’est pourquoi..

 

(à suivre…) Lundi 4 mai 2026 – 10h20 / 17h05

 

O.Nottale


Les Chroniques d'Olivier NottaleprochainementSociété

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