Les Chroniques d'Olivier Nottale

Le « Made in France » en jeux vidéo, c’est bientôt « game over » ?

today29/05/2026 3

Arrière-plan
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Anass Iddou écrit sur le site de Médiapart le 27 mai 2026 ceci :

À Paris, une centaine de salariés du jeu vidéo se sont mis en grève contre le plan de licenciement du studio Kylotonn, qui menace plus des deux tiers des effectifs. Derrière les grandes licences et la vitrine de l’e-sport, les destructions d’emplois s’enchaînent.

L’entreprise est détenue par le groupe Nacon, éditeur et fabricant français de jeux vidéo et d’accessoires de gaming, qui a été placé début mars en redressement judiciaire, à la suite d’une cessation des paiements

La vague de suppressions de postes touche plusieurs autres studios de jeux vidéo ou filiales du groupe.

Ces licenciements en cascade racontent surtout l’ampleur de la crise qui secoue aujourd’hui le jeu vidéo français, Le secteur encaisse à la fois l’explosion des coûts de développement, la fin de l’euphorie du confinement – période durant laquelle les ventes de jeux avaient grimpé très haut – et des investisseurs devenus beaucoup plus prudents. Au total, plus de 1 000 emplois sont déjà supprimés ou menacés à court terme en France, dans une industrie qui compte environ 12 000 salarié·es.

Kylotonn perd fin 2022 la licence WRC, récupérée par Electronic Arts, privant le studio de sa principale source de revenus réguliers.

Comme Naomi Heinis, Bastien et Lucas font partie des salarié·es touché·es par le plan de licenciement. Bastien travaille chez Kylotonn depuis près de sept ans. Arrivé « directement en sortant d’école », ce programmeur IA s’occupait notamment du trafic routier, des voitures contrôlées par l’ordinateur ou de certains comportements des véhicules dans le jeu. Lucas, 27 ans, est entré chez Kylotonn comme stagiaire en 2021, avant d’y rester comme UI artist, chargé de la conception des menus, boutons et interfaces.

Tous les deux racontent la même lassitude face à une industrie qui, selon eux, a changé de logique. « Le but, aujourd’hui, c’est surtout d’entretenir un jeu pour que ça fasse un max de thunes ».

Bastien explique avoir appris une partie des suppressions de postes en off, à travers les échanges avec les représentant·es du personnel. « Je pense qu’il y a des gens qui ne savent même pas encore qu’ils sont licenciés »…

 

( à suivre…)Lundi 1 juin 2026 – 10h20 / 17h05

 

O.Nottale


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