
Cette semaine deux invités sont venus nous parler du pastoralisme et de la réunion mondiale qui se déroulera en août à Ulan Bator en Mongolie : Alissa Jeridi qui travaille à l’ONG CARI, association membre de la coalition Desertif’ACTIONS, et jean Daniel CESARO chercheur au CIRAD.
La rencontre en Mongolie présente un intérêt qui n’est pas seulement environnemental : c’est probablement la première COP de l’ONU où la gestion des pâturages et le pastoralisme nomade risquent de devenir un sujet géopolitique majeur, au croisement de la sécurité alimentaire, de l’eau, du climat et de la stabilité des territoires. Elle fait suite à de nombreuses réunions qui ont eu lieu en France puisque cette année était consacrée à l’élevage pastoral. Les transhumances qui y sont liées sont largement médiatisées. Belles images de ces troupeaux qui au printemps retournant aux estives. Elles nous rappellent qu’en France aussi persiste un élevage ancestral respectueux des parcours, des savoirs et du maintien de
nos paysages. Elles pointent le fait qu’il ne faut pas oublier ce qui fait vivre les éleveurs, la connaissance et la reconnaissance de leurs produits. On regrettera d’ailleurs que le gouvernement dans ces dernières auditions sénatoriales ait réduit les problèmes du pastoralisme au retour du loup, mais nous en reparlerons .

Pour la Mongolie, pays dont près de 77 % du territoire est considéré comme dégradé, la COP17 est aussi une façon de placer les zones sèches au centre de l’agenda international. La première question qui va être abordée sera sans doute celle des parcours. Désormais la dégradation des terres est présentée comme une question de stabilité politique et de sécurité
humaine. A Ulan Bator, on va se préoccuper de la restauration des sols, des déplacements des populations et de leurs bêtes, de leur accès à l’eau et de la résilience économique de 2milliards d’hommes et de femmes encore dépendants du pastoralisme dans le monde. La plupart du temps les pasteurs sont rendus responsables des terres dégradées Pendant des
décennies, ils ont souvent été présentés comme responsables du surpâturage, de la désertification, et des nombreux conflits d’usage apparus avec les agriculteurs en manque de terre.
Comme d’habitude la question principale sera celle des finances.
Pourrait- on développer des échanges entre la production des fibres nobles (cachemire, laine, alpaga) et financements de la restauration des terres ? Il faut faire aussi en sorte que ces métiers difficiles perdurent. Peut-être la durabilité du secteur passera-t- elle par un recours aux services écosystémiques ?
Diffusion vendredi 26 juin 2026 – 12h00
Rediffusion dimanche 28 juin 2026 – 18h00
Animé par la journaliste D.Martin-Ferrari
Réalisation A.Rollet