Une proposition de loi visant à étendre les autorisations de travail le 1er mai a été examinée vendredi 10 avril à l’assemblée Nationale dans le cadre de la niche parlementaire des députés « macronistes ».
Déjà adopté par le Sénat, le texte est rejeté en bloc par les organisations syndicales, qui dénoncent une « brèche » menaçant le principe de ce jour chômé emblématique.
Examinons leurs revendications :
On commence toujours par quelques exceptions. Puis elles s’étendent et deviennent la règle, et la règle finit par effacer les acquis. Tel est l’avertissement lancé par l’ensemble des organisations syndicales en amont de la discussion du texte.
Le groupe Ensemble pour la République (EPR), présidé par Gabriel Attal, a donc décidé prendre à son compte cette proposition. Dans une boulangerie, Gabriel Attal s’émeut : « En France, le 1er mai, un McDonald’s peut ouvrir mais pas une boulangerie artisanale. »
« Gabriel Attal, c’est Pinocchio sans le nez », a répondu Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT , dénonçant « le vrai projet de la majorité et de la droite [de] banaliser le travail le 1er mai.
Renaissance, de son côté, a lancé une pétition intitulée « Soutien aux boulangers et aux fleuristes : laissez-les ouvrir le 1er mai !
Sur le fond, cette proposition de loi prévoit une extension des autorisations de travail le 1er-Mai, seul jour obligatoirement férié et chômé mais intégralement payé par l’employeur, selon le Code du travail. Quelques dérogations sont déjà possibles pour les secteurs « qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail », notamment les hôpitaux, les hôtels et restaurants ou encore des industries. Les salarié·es qui travaillent sont alors payé·es double.
Si la proposition est adoptée dans la même version que celle du Sénat, la loi pourrait donc s’appliquer dès le 1er mai prochain… soit dans trois semaines. Selon les chiffres du quotidien L’Humanité, 1,5 million de salarié·es seraient concerné·es.
« Attaquer le 1er-Mai, c’est attaquer les travailleurs de manière forte, prévient pour sa part Isabelle Mercier, secrétaire nationale de la CFDT chargée des questions liées au temps de travail. Ce texte nous hérisse et nous irrite à plus d’un titre
C’est bien la crainte de toute l’intersyndicale, qui voit là « une première brèche » remettant en cause « la précieuse exceptionnalité » du 1er-Mai, journée internationale des travailleurs et travailleuses fériée depuis 1919 en France (depuis 1946 sous sa forme actuelle) et non travaillée dans « vingt-quatre pays de l’Union européenne sur vingt-sept.
Le texte arrivé à l’Assemblée nationale énumère désormais quatre exceptions : « Les établissements assurant, à titre principal, la fabrication ou la préparation de produits alimentaires destinés à la consommation immédiate », « les autres établissements dont l’activité exclusive est la vente de produits alimentaires au détail », mais aussi ceux exerçant, toujours à titre principal, « une activité de vente de fleurs naturelles […] lié à un usage traditionnel propre au 1er mai », comme la vente de muguet, ou encore « une activité culturelle ».
La CGT rappelle que la « banalisation du travail le dimanche » avait commencé exactement de la même manière..
(à suivre…) Lundi 13 avril 2026 – 10h20 / 17h05
O.Nottale