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Allons faire un tour chez nos voisins ibères, mais ne faisons pas les malins, malines c’est ce qui pourrait arriver chez nous et même ce qui arrive déjà !

La « tragédie sociale » de l’expulsion d’une retraitée de son logement bouleverse l’Espagne

Titre « Ouest France » le 23 septembre.

Maricarmen, retraitée octogénaire qui résidait depuis 70 ans en plein centre-ville de Madrid, a été expulsée mercredi 23 septembre 2026 de son logement promis à la spéculation immobilière. L’émotion est vive dans la capitale espagnole victime de gentrification. Le Premier ministre Pedro Sanchez s’est même exprimé depuis le siège de l’Onu.

Elle est devenue le symbole de la spéculation immobilière en Espagne. L’expulsion d’une retraitée de 87 ans de son appartement madrilène, où elle vivait depuis toujours, a provoqué l’indignation en Espagne mercredi 23 septembre 2026, « une tragédie sociale » donc de l’aveu même de Pedro Sánchez, illustrant de façon brutale la crise du logement qui frappe le pays.

Maricarmen résidait depuis 70 ans dans le quartier huppé du Retiro, en plein centre-ville, à proximité du parc du même nom, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, et a toujours payé son loyer, selon ses soutiens.

Elle s’était engagée pendant des années dans une bataille juridique contre une agence immobilière qui avait acquis son appartement et augmenté le loyer mensuel de 275 %, le portant à 2 650 €, d’après le syndicat des locataires de Madrid.

L’affaire a été portée devant la Cour suprême, qui a statué en faveur de l’agence, ouvrant la voie à l’expulsion, a indiqué le syndicat.

Gentrification et crise du logement

Mercredi, la police a dispersé de force des dizaines de militants qui campaient devant l’immeuble de Maricarmen pour tenter d’empêcher l’expulsion, sous les cris de « Honte ! » des manifestants indignés.

Des secouristes ont transporté la retraitée, qui se déplace en fauteuil roulant, jusqu’à une ambulance sur une civière, tandis que les manifestants scandaient « Maricarmen, vous n’êtes pas seule ! », derrière un cordon de sécurité.

Le chef du gouvernement de gauche a pointé du doigt la gestion de la région de Madrid, dirigée par la droite (Parti populaire), compétente en matière de politique du logement et qui a, selon lui, « fait la sourde oreille ». « C’est très révoltant ! », a-t-il poursuivi. « Fonds vautour »

Le chef du gouvernement espagnol a également appelé les députés à « la responsabilité » pour voter un décret-loi « nécessaire pour résoudre la crise du logement » et qui sera présenté « en urgence » par l’exécutif.

Amnesty International Espagne a dénoncé une « violation des droits humains » et « un système qui privilégie les intérêts spéculatifs d’un fonds vautour au détriment du droit de Maricarmen à rester chez elle ».

« C’est un exemple de plus des souffrances endurées par des milliers de foyers en Espagne », selon Amnesty(…)

La ministre socialiste du Logement, Isabel Rodríguez, a insisté sur le fait que le gouvernement de gauche avait tenté à plusieurs reprises de faire adopter une loi interdisant ces expulsions et a accusé la région de Madrid, dirigée par les conservateurs, de « dérouler le tapis rouge à ces spéculateurs ».

Les habitants du deuxième pays le plus visité au monde accusent les locations touristiques de courte durée, telles qu’Airbnb, de faire flamber les prix et de réduire l’offre, ce qui a provoqué des manifestations dans des villes comme Barcelone.

« Je quitte Madrid, car Madrid n’est plus Madrid. Et les Madrilènes ne sont plus des Madrilènes. Ce sont tous des touristes de la Gran Vía », a lancé Maricarmen à RTVE.

 

Diffusion lundi 28 septembre 2026 – 10h20 / 17h05

 

O.Nottale


Les Chroniques d'Olivier NottaleprochainementSociété

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