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Aujourd’hui nous revenons sur un évènement qui a quarante ans déjà, mais a marqué l’histoire du nucléaire. Le 26 Avril 1986 explosait le réacteur N°4 de la centrale nucléaire de Tchnernobyl en Ukraine à l’époque sous domination russe.

En 40 ans l’histoire s’est écrite, le monde a changé, l’Ukraine est devenue indépendante et depuis deux ans vit sous le feu de la Russie qui aimerait la réintroduire dans son empire.Tous les dix ans, les opposés au nucléaire ou ceux qui doutent de sa fiabilité, reviennent sur cet accident. D’année en année les informations se précisent, sachant qu’en 2011 un procès a tenté de définir des responsabilités. Ce fût un point d’étape dont s’est inspiré le réalisateur « d’Anatomie d’une catastrophe » diffusé mardi 14 Avril sur Arte. Quarante ans plus tard sous un sarcophage d’acier couve encore un feu mais surtout restent enfermées des poussières radioactives mortelles.

Yves Lenoir, notre invité , a suivi l’affaire du réacteur n°4 depuis son origine. Ingénieur de formation, il suit les questions nucléaires depuis sa participation à un groupe interministériel sur les déchets radioactifs en 1974-1975, et depuis 1986, il s’est employé à faire connaître les impacts sanitaires réels de Tchernobyl soutenant les populations en zone contaminée. Aujourd’hui, président de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus, créée en 2001, il dépense beaucoup d’énergie pour financer un organisme indépendant de protection radiologique du Belarus, l’Institut Belrad basé à Minsk.

Partant du fait que la radioactivité est un fléau mortel pour l’homme, il s’élève contre l’alarmisme inutile et vogue souvent à contre courant des effets médiatiques. Inutile selon lui, de pleurer sur les populations de Prypiat , informées seulement deux jours après l’accident et parties avec un simple baluchon « pour quelques jours » . Davantage d’informations n’auraient elles pas créé une panique impossible à gérer?

De même aujourd’hui alors qu’un drone russe a percuté le sarcophage, a quoi bon faire planer la crainte d’une nouvelle explosion? Les réacteurs de la centrale sont éteints et le pire serait la dissémination de la poussière radioactive.

Il n’en reste pas moins que tout réacteur nucléaire est une potentielle bombe sale . Il réclame surveillance et protection, et les états majors militaires savent que les réacteurs nucléaires sont autant de bombes nucléaires en puissance.

Tout un travail sur le partage des responsabilités se mène désormais grâce aux historiens ou aux ONG qui veulent y voir plus clair sur cet accident et informer sur le devenir de nos installations . De la responsabilité des techniciens qui ont été jugés et enfermés, on est passé aux responsabilité dans la construction même du réacteur et aux silences d’état.

A Paris samedi 25 Avril aura lieu une journée de réflexion sur le nucléaire au moment où il s’invite aux projets de mix énergétique , et à Montpellier, Arrêt du nucléaire 34, invite le 26 Avril à la projection du film « la terre outragée »suivie d’une discussion avec des membres de l’association Arrêt du Nucléaire 34, puis d’un brunch partagé sur la terrasse Tarif unique 4,50 €.

 

Diffusion vendredi 17 avril 2026 – 12h00

Rediffusion dimanche 19 avril 2026 – 18h00

 

Animé par la journaliste D.Martin-Ferrari

Réalisation A.Rollet


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