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Bonjour bonjour !

Je suis Diane, et vous écoutez La pelote du sexisme, la chronique qui détricote le sexisme… fil par fil. Chaque semaine, on regarde comment il s’infiltre partout.

Dans nos mots.
Dans nos images.
Dans nos réflexes.

Aujourd’hui, on tire un fil qui touche à la chair, à la douleur, à la survie.
On parle de sexisme et santé.
Petite question : avez-vous déjà entendu parler du syndrome de Yentl ? Le principe est simple — et glaçant : pour être bien soignée, une femme doit présenter des symptômes… d’homme.

Pourquoi ce nom ?

Yentl, c’est l’héroïne d’un récit d’Isaac Bashevis Singer, popularisé au cinéma par Barbra Streisand. Une jeune femme obligée de se déguiser en homme pour avoir accès au savoir.
En 1991, la cardiologue Bernadine Healy reprend ce nom pour décrire une réalité brutale, les femmes sont correctement diagnostiquées uniquement si leur corps “imite” celui des hommes.

Exemple concret ?

Les femmes font moins d’infarctus que les hommes, mais elles en meurent plus. Pourquoi ? Parce que leurs symptômes — fatigue intense, nausées, douleurs dorsales —
ne correspondent pas à la norme apprise dans les livres. Et cette norme, c’est le masculin.

On continue avec quelques chiffres

1 femme sur 2 ,c’est le nombre de femmes qui estiment avoir été moins bien soignées parce qu’elles sont des femmes.
37 %, c’est la part de femmes qui déclarent avoir vécu un acte médical sans consentement réel.
42 %, ’est la proportion de femmes à qui l’on a répondu que leurs douleurs étaient “dans la tête”. Liées au stress. Aux hormones. À une supposée fragilité émotionnelle. Ça s’appelle la psychologisation de la douleur. On remplace le diagnostic… par l’émotion. Et parfois, ce mépris tue.

En 2017, Naomi Musenga meurt après avoir appelé les secours. Sa voix est moquée, sa douleur minimisée.
En 2024, une jeune femme de 25 ans meurt d’une méningite aiguë après plusieurs appels au SAMU. Elle dit qu’elle souffre, elle insiste, mais elle n’est pas crue.

Pourquoi ?

Parce que sa parole est disqualifiée d’emblée, elle n’est pas une patiente, elle est une femme “qui exagère”. Et quand on ajoute d’autres facteurs — être racisée, précaire, handicapée — le risque augmente encore.

C’est la dimension intersectionnelle du sexisme médical, les biais ne s’additionnent pas, ils se renforcent.

Pourquoi tout ça arrive ? Parce que pendant des décennies, le corps de référence en médecine, ça a été celui d’un homme blanc, valide, d’environ 70 kilos.

Les essais cliniques ? Masculins.
Les dosages de médicaments ? Pensés pour eux.
Les symptômes “normaux” ? Définis à partir d’eux.
Même les mannequins de crash-test sont masculins.

Le corps féminin a longtemps été réduit à ses fonctions reproductives. En dehors de l’utérus, il a été pensé comme un “petit homme avec des hormones”, et c’est une erreur scientifique majeure.

Le sexisme en santé, ce n’est pas une opinion, c’est un biais de conception. Et ce biais ne s’arrête pas aux patientes. Quand je dis sexisme en santé, je parle aussi du climat dans le monde médical. Plus de 8 femmes médecins sur 10 déclarent avoir subi des propos ou comportements sexistes.

Harcèlement.
Remarques sur le physique.
Violences sexuelles.

Les études de médecine sont décrites comme très hiérarchisées, très masculines au sommet, avec une culture du silence. Je parle ici des femmes médecins, mais c’est sans oublier toutes les autres femmes : aides-soignantes, infirmières, qui subissent les mêmes choses.

Alors comment soigner avec humanité quand le système lui-même maltraite celles qui soignent ?

Alors oui, il faut le dire clairement, le sexisme en santé n’est pas une maladresse, c’est une question de sécurité publique. Aujourd’hui, on parle de plus en plus de consentement en médecine, de consentement enthousiaste.

Un soin expliqué.
Un geste annoncé.
Un accord demandé.
La possibilité de dire stop.

Moi, par exemple, aujourd’hui, quand je vais chez le médecin, je sens que quelque chose a changé. On m’explique, on me demande mon accord, on ne m’impose plus “parce que c’est plus pratique”. Mais attention, ça, c’est dans le meilleur des cas. Les violences gynécologiques et médicales existent encore, et elles sont loin d’être marginales.

Alors, comment on fait pour que tout ça change ?

On forme réellement les professionnel·les aux biais de genre et aux discriminations,on s’intéresse et on apprend concrètement la différence de symptômes entre les hommes et les femmes. On impose la parité dans les essais cliniques. On protège les soignantes victimes de violences. Et surtout, on réapprend à écouter. Parce que soigner, ce n’est pas réparer une mécanique. C’est croire celle ou celui qui souffre. Notre douleur n’est pas un symptôme de notre genre, c’est un signal, un appel à l’aide qui mérite une réponse.
Le sexisme en santé est un fil épais, teinté de silence, et parfois de sang.
Mais en le tirant, on redonne du souffle à celles qui ont trop longtemps été ignorées.

On continue de tirer, un fil après l’autre, pour voir comment ce système s’est tricoté… et comment, ensemble, on peut commencer à le détricoter.

Parce que la pelote du sexisme… n’est pas prête d’être vide.

 

Diffusion mercredi 4 février 2026 – 10h20 / 17h05

 

D.Rousson


La Pelote du SexismeprochainementSociété

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