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La Pelote du Sexisme

Sexisme et Religion

today06/05/2026 2

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    Sexisme et Religion Divergence


Bonjour bonjour ! Je suis Diane, et vous écoutez La pelote du sexisme, la chronique qui détricote le sexisme… fil par fil.

Aujourd’hui, on va s’attaquer à un sujet un peu sensible : la religion. Alors je le dis tout de suite, je suis athée, et l’objectif ici, ce n’est pas de critiquer les croyants ou les croyantes. L’idée, c’est simplement de regarder les religions avec une grille de lecture très précise : celle du genre. Et de se poser une question simple… qu’est-ce qu’elles disent des femmes ?
Parce que quand on regarde les grandes religions monothéistes — judaïsme, christianisme, islam — un point commun saute aux yeux : les textes ont été écrits, transmis et interprétés pendant des siècles par des hommes, dans des sociétés où le pouvoir était déjà largement masculin. Et ça se ressent encore aujourd’hui.

Très souvent, les femmes sont associées à des rôles bien précis : le soin, la maternité, la discrétion, la pureté. Des rôles essentiels, bien sûr… mais qui restent très encadrés. Et à l’inverse, les fonctions d’autorité religieuse, de décision ou de représentation du sacré sont encore très majoritairement occupées par des hommes.
Avant même ces religions monothéistes, il existait pourtant d’autres représentations. Dans certaines civilisations anciennes, on trouvait des déesses importantes, liées à la vie, à la nature, à la création. Puis, avec l’installation de religions à dieu unique, on bascule vers une figure centrale très majoritairement masculine. Et ça change quelque chose : quand l’image du divin est masculine, on associe plus facilement l’autorité au masculin.

Et concrètement, aujourd’hui, ça donne quoi ?

Ça donne des institutions religieuses où les femmes sont encore exclues de certaines fonctions clés. Dans l’Église catholique, par exemple, elles ne peuvent toujours pas devenir prêtres. Et ce n’est pas marginal : on parle de plus d’un milliard de fidèles dans le monde.

Mais ce contrôle ne s’arrête pas aux rôles ou aux fonctions. Il s’exerce aussi, très concrètement, sur les corps.
Dans beaucoup de traditions, la sexualité est encadrée, la maternité valorisée, parfois même attendue comme une évidence. Les vêtements aussi deviennent un enjeu : se couvrir, être pudique, ne pas “provoquer”. Et souvent, ces règles concernent beaucoup plus les femmes que les hommes.
Et derrière ça, il y a une idée qui revient souvent : celle de la “pureté”.

Dans de nombreux récits religieux, les femmes sont associées à la tentation, au péché, à la faute originelle — on pense évidemment à la figure d’Ève. Résultat : on leur attribue une responsabilité morale plus lourde. C’est à elles de faire attention, de ne pas tenter, de ne pas provoquer.
Et ça pose une vraie question : pourquoi est-ce qu’on demande aux femmes de se contrôler… plutôt que de demander aux hommes de se maîtriser ?

Même dans un pays comme la France, où l’on parle de séparation entre l’Église et l’État, ces représentations continuent d’avoir un impact. Elles influencent nos normes, notre vision de la famille, de la maternité, du rôle des femmes. Et il existe encore des exceptions concrètes : en Alsace-Moselle, certains cultes sont toujours reconnus et financés par l’État.
Et puis il y a des contextes où cette influence devient beaucoup plus visible… et beaucoup plus dure.

En Afghanistan, depuis le retour des talibans au pouvoir, les femmes sont progressivement exclues de la vie publique. Aujourd’hui, les filles ne peuvent plus aller à l’école au-delà de 12 ans, de nombreuses femmes n’ont plus le droit de travailler, et leurs déplacements sont fortement restreints.
Là, on voit très clairement comment une interprétation religieuse peut devenir un outil de contrôle massif.

Mais — et c’est important de le dire — tout n’est pas figé.
À l’intérieur même des religions, des femmes tentent de faire bouger les lignes. Des théologiennes relisent les textes, des croyantes questionnent les interprétations, certaines deviennent rabbines, imames ou pasteures dans des courants plus progressistes.
Autrement dit, les religions ne sont pas des blocs immobiles. Elles sont traversées par des tensions, des débats, des évolutions.

Et ça change la perspective. Parce que la question n’est peut-être pas seulement “est-ce que les religions sont sexistes ?”, mais plutôt : qu’est-ce qu’on en fait aujourd’hui ? Comment on les interprète ? Et qui a le pouvoir de le faire ?

Parce qu’au fond, la question dépasse largement la religion.
Qui a le droit de parler ?
Qui a le droit de décider ?
Qui a le droit de définir ce qui est juste, moral, acceptable ?

Et très souvent, la réponse reste… les hommes.

Alors détricoter tout ça, ce n’est pas remettre en cause la foi des gens. C’est simplement interroger des structures qui, elles, peuvent produire des inégalités.

 

Allez, on respire. On continue de détricoter.

Parce que La pelote du sexisme… n’est pas prête d’être vide.

 

Diffusion mercredi 6 mai 2026 – 10h20 / 17h05

 

D.Rousson


La Pelote du SexismeSociété

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