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Les Chroniques d'Olivier Nottale

Il y a 40 ans c’était la grande marche contre le racisme et pour l’égalité

today27/10/2023 8

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    Il y a 40 ans c’était la grande marche contre le racisme et pour l’égalité Divergence


Quarante ans de voies sans issue : sans doute

En 1983 cette marche partie des Minguettes avait secoué la France.

Quarante ans après ce tournant historique, les biais racistes et discriminatoires sont devenus routiniers, maintenus sous les radars de l’indignation.

Merci à Nacira Guénif pour son article : « Quarante ans de voies sans issue » paru 25 octobre 2023 dans l’hebdo « Politis», toujours aussi pertinent.

« Il est des faits qu’il faut rappeler à l’envi pour qu’ils s’impriment dans nos mémoires. Il en va ainsi de la marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983. Prompt·es à oublier cette part de notre présent et de notre avenir, il semble que nous en sommes encore, quarante ans plus tard, à découvrir ce qui fut alors un tournant de l’histoire de la France, pays d’immigration, et ses conséquences. Car cette marche révèle comment la France a effacé son passé de colonisateur, alors qu’après avoir importé de la main-d’œuvre de ses colonies elle a feint l’étonnement lorsque ses descendant·es s’y sont installé·es définitivement.

Pourtant, ayant pris au mot la devise républicaine et son universalité enseignées durant toute leur scolarité, les jeunes d’alors ont marché pour réclamer leurs droits afin d’en finir avec le racisme endémique qui tuait depuis des décennies et continuera après. Leurs trois revendications portaient sur le travail, le logement et le comportement de la police. Échec sur tous les tableaux, au point que le caractère systémique du racisme est désormais établi.

Objets de ces politiques calamiteuses, les marcheurs et cheuses étaient désigné·es comme enfants d’immigré·es et non pas pour ce que leurs parents et eux-mêmes savaient sans y insister : iels étaient les héritier·ères de peuples qui, après avoir été colonisés, ont lutté pour leur libération. Toutes les appellations contrôlées viseront désormais à les séparer de leurs parents, protagonistes de cette puissante histoire et de ses suites irrésolues. De jeunes immigré·es, iels sont devenu·es jeunes issu·es de l’immigration, stigmate qui a la vie dure.

Les politiques dites de la ville n’ont jamais été conçues pour régler les problèmes mais pour maintenir une ségrégation étroitement contrôlée.

Or cette étiquette pointe vers le séparatisme que l’État français n’a cessé de fomenter entre les minorités d’ascendance migrante et coloniale. Il entend extraire d’un groupe condamné à l’infamie celles et ceux qui pourraient, sous condition d’éligibilité, recueillir les faveurs de la nation. Autant dire que cette invitation implique une tâche dantesque qu’il vaut mieux refuser tant elle transpire la volonté de nuire. Extractivisme humain, le tri entre les bons Arabes, les bons Noirs et les autres… »

 

à suivre(…) lundi 30 octobre 2023 – 10h20 / 17h05

 

O.Nottale

 


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