La Pelote du Sexisme

Épisode 1 : Le sexisme ordinaire

today06/01/2026 21 7

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Bonjour bonjour !
Je suis Diane, et vous écoutez La pelote du sexisme, la chronique qui détricote le sexisme… fil par fil.

Chaque semaine, on viendra raconter le sexisme : voir les formes qu’il prend, où il se faufile, et comment il limite ou dévalorise une personne à cause de son genre.
Parfois évident, parfois déguisé… mais toujours présent.

Aujourd’hui, je vous propose un petit jeu.
On se met en conditions avec quelques répliques d’un film culte…
— “Vous êtes la secrétaire de qui ?”
— “Mais, vous voyez vraiment combien ça fait un million, Larmina ?”
— Et puis ce moment où Hubert répète mot pour mot l’idée de Larmina…
et cette fois, c’est entendu : “arf, Quel génie !”

Vous l’avez reconnu ? Oui, c’est OSS 117. Macho volontairement caricatural, franchouillard, condescendant… Et on en rit, bien sûr.
Je ne suis pas du tout là pour juger le film, au contraire, mais pour montrer qu’à travers ces répliques, volontairement sexistes, on a des exemples parfaits de sexisme ordinaire. Ordinaire oui.

Le mot “ordinaire” peut paraître inoffensif, presque banal. Mais justement : c’est là que le bât blesse. Quand on pense au sexisme, on imagine souvent les scandales, les affaires graves. Pourtant, il s’installe souvent dans les gestes du quotidien, les petites phrases, les automatismes. Ce qu’on dit sans y penser… mais qui finit par peser.

Le Haut Conseil à l’Égalité parle d’un sexisme “ancré et persistant”. Près d’une femme sur deux dit y être confrontée régulièrement, et 77 % des Français·es estiment que les femmes ne sont toujours pas traitées comme les hommes (Baromètre HCE, 2024).

Le sexisme ordinaire, c’est cette personne qui dit :
“Ah, toi t’as un bon sens de l’organisation… normal, t’es une femme.”
Ou celle qui glisse, avec un clin d’œil :
“non mais Les garçons, ça pleure pas.”

Alors, soyons honnêtes :
vous est-il déjà arrivé d’être réduit·e à votre genre ?
D’avoir ce petit pincement d’injustice ?
D’avoir le sentiment qu’on vous confiait une tâche “parce que vous êtes une femme” ?
Ou qu’on vous jugeait d’abord pour votre apparence avant vos idées ?

Ces situations paraissent anodines, mais elles façonnent notre quotidien. Elles sont le terreau du sexisme, celui sur lequel poussent ensuite les discriminations plus visibles.
Pourquoi c’est important d’en parler ? Parce que repérer le sexisme ordinaire, c’est apprendre à être attentif·ve à ce qui semble “naturel”. C’est réaliser qu’il n’y a pas d’ordre des choses, juste une société très genrée, basée sur un système de croyances qui, depuis des siècles, distribue les rôles et les pouvoirs sans qu’on s’en rende compte. Et je ne vous apprends rien, à l avantage des hommes.

Le sexisme ordinaire, c’est ce qui rend l’inégalité invisible. C’est ce qui fait qu’une femme hésite à prendre la parole, ou qu’un homme n’ose pas dire qu’il se sent dépassé. C’est ce qui fixe les comportements, les places, les limites. Et tant qu’on ne les questionne pas, on perpétue le système sans même s’en apercevoir.

Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

Déjà, on écoute quand quelqu’un dit :
“Ce que tu viens de dire me dérange.”
Ce n’est pas une attaque, c’est une alerte.
Ensuite, on peut répondre autrement, avec calme, du recul.
À un “Tu devrais sourire”, on peut simplement dire :
“Et toi, tu devrais réfléchir à pourquoi tu me le demandes.”
Simple. Direct. Efficace.

Et puis, on observe :
à qui on confie les tâches ?
Qui on interrompt ?
Qui on félicite, et pourquoi ?

Et surtout, on pratique un peu d’introspection.

Se demander :
“Est-ce que ce que je viens de dire repose sur une idée de genre ?”
“Est-ce que j’aurais réagi pareil si la personne en face avait été un homme ?”
Ces petits réflexes changent plus de choses qu’on ne le croit.
Parce que le sexisme ordinaire, c’est souvent le bruit de fond du système.
Et pour le faire taire, il suffit de commencer à l’écouter.

Le sexisme ordinaire, c’est tout ce qui semble banal, mais qui, mis bout à bout, finit par dessiner des frontières invisibles.
Il n’a pas besoin de crier pour exister, il suffit qu’on le laisse faire, encore et encore.
Le nommer, c’est déjà un premier pas pour s’en libérer.
Et c’est à ça que servira cette chronique, tirer les fils, un par un, pour comprendre comment ce système s’est tricoté… et surtout, comment on peut, ensemble, commencer à le détricoter.

Parce que la pelote du sexisme… n’est pas prête d’être vide…

 

Diffusion mercredi 7 janvier 2026 – 10h20 / 17h05

 

D.Rousson


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