Environ 15 000 personnes, se sont rassemblées le week-end dernier dans notre beau pays, plus précisément dans le département de l’Eure en Normandie.

Ils n’étaient pas venus profiter que du beau temps, des températures anormalement douces et d’un soleil estival, non ils et elles formaient un cortège hétérogène mêlant les générations et les professions, les urbains et les ruraux, venus en nombre pour dénoncer l’usage des pesticides et leurs conséquences sanitaires désastreuses près du site de l’usine de Saint-Pierre-la-Garenne appartenant à Syngenta : l’un des quatre géants mondiaux de l’agrochimie, qui produit des pesticides et des semences pour le bien être de la terre et le confort de ses habitants sans doute !
Une mobilisation inédite réunissant malades du cancer, agriculteurs et organisations variées.
De nombreux journalistes étaient aussi sur place, mais nos grands médias n’ont pas insisté sur cet évènement hors norme. Un exemple 30 secondes au 20h de France 2 samedi soir ! Pas de boucle sur les chaines d’info en continu, pas d’ouverture alarmiste chez Bolloré and Co. Évidemment quand un tel rassemblement ne débouche pas sur des incidents graves entre manifestants et force de l’ordre ce n’est pas vendeur. Cela manquait d’images chocs d’émeutiers incontrôlables saccageant notre belle campagne de terroristes écologistes la bave au lèvre et le portier en bandoulière. Pourtant ils étaient bien là ceux que l’on nous avait qualifié d’ « Eco-terroristes » et menacer de dissolution. Un tour de force.
Ce rassemblement était à l’appel de Cancer Colère, des Soulèvements de la Terre dont je viens de vous parler, de la Confédération paysanne et des victimes des pesticides entre autres, La mobilisation était soutenue par une cinquantaine d’ONG et d’associations, parmi lesquelles Greenpeace et Générations futures.
Ce cortège de plusieurs milliers de personnes a forcé l’arrêt du site de l’industriel Syngenta. Un tour de force
Pour couvrir cet évènement hors norme de nombreux journalistes de la presse indépendante s’étaient donné rendez-vous sur place et donc pour en savoir plus il faut consulter d’autres canaux que ceux des dominants d’état ou d’extrême droite qui semble s’être ligués pour nous dire ce que nous avons le droit de savoir.
J’en profite pour reconnaître une meilleure couverture de la presse régionale télévisons comprises qui ironie du sort donnent des leçons de déontologie aux mastodontes parisiens. En couvrant de manière plus équilibré ce genre de rassemblement.
« En tête de cortège, une banderole « Qui répand la mort, récolte la colère » et « Stop pesticides » ouvre la mobilisation appelée par Cancer Colère, la Confédération paysanne, le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest (CSVPO) et les Soulèvements de la Terre, avec l’appui de plus de cinquante organisations syndicales, paysannes, décoloniales et écologistes, ainsi que celui de soignantes et soignants. Une « composition inédite », soulignent les organisateurs. Ils indiquent que « des habitantes des quatre coins du pays dont les points de captage d’eau, les terres et la santé sont intoxiqués par Syngenta ont affrété des bus pour participer à la journée ».
C’est écrit dans « Reporterre » le média de l’écologie.
Je remercie aussi Estelle Levresse qui a couvert le mouvement pour Médiapart pour l’emprunt de quelques extraits de son article de ce samedi 3 octobre au cœur de la manifestation.
Des milliers de pancartes sont brandies comme des étendards au-dessus des têtes. « Romain, 41 ans, cancer de la mâchoire. Il était papa de deux enfants. » « Ma petite sœur Julia, cancer du pancréas, 24 ans. » « Annick, 53 ans, quatre cancers digestifs, morte en huit mois. »
Nous sommes là pour dénoncer « un système industriel, agricole et chimique qui nous empoisonne ».
« Il faut arrêter d’opposer le monde agricole et le monde écologiste », affirme Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne. « À la Confédération paysanne, on est pour la sortie des pesticides. Le monde paysan fait partie des premiers touchés par les cancers liés aux pesticides, en même temps que les salariés agricoles, en même temps que les salariés de l’industrie de la chimie. »
Fanny Métrat, autre porte-parole de la Confédération paysanne, abonde : « L’agro-industrie, ça bousille les sols, ça bousille la vie, ça bousille l’eau, mais aussi nos savoir-faire et notre autonomie. Si on veut continuer à produire, à se nourrir, tout simplement à vivre demain, il va falloir que la convergence soit immense », assure cette éleveuse en Ardèche…
(à suivre…) lundi 5 octobre 2026 – 10h20 / 17h05
O.Nottale