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Bonjour bonjour ! Je suis Diane, et vous écoutez La pelote du sexisme, la chronique qui détricote le sexisme… fil par fil.
Aujourd’hui, on s’attaque à un lieu que l’on croit souvent régi par la seule loi du mérite : le travail. On nous répète depuis l’école : « Travaille dur, obtiens des diplômes et tu réussiras ». Pourtant, dès qu’on franchit la porte de l’entreprise, on réalise que les règles du jeu ne sont pas les mêmes pour tout le monde.

Et pour comprendre où on en est, il faut se demander d’où l’on vient. Est-ce que vous saviez qu’en France, il y a encore soixante ans, une femme ne pouvait ni ouvrir un compte en banque, ni signer un contrat de travail sans l’accord de son mari ? On a obtenu cette liberté en 1965. C’était hier. Et forcément, ça laisse des traces profondes dans la structure de nos entreprises.

Ce que je trouve le plus fou, c’est le décalage entre le point de départ et celui d’arrivée. A votre avis, qui réussit le mieux ses études aujourd’hui ? (…) La réponse est sans appel. Selon l’Insee, les femmes sont désormais plus diplômées que les hommes. Elles sont plus nombreuses à obtenir un Master ou un Doctorat. Sur la ligne de départ, elles sont donc souvent mieux armées.

Alors pourquoi, avec plus de diplômes en poche, le fil s’emmêle-t-il si vite ?
Parce que tout commence bien avant le premier contrat. Dès le plus jeune âge, les stéréotypes orientent les choix. On pousse, souvent inconsciemment les petites filles vers des filières de « soin », de « social » ou de « lettres », car on leur répète qu’elles sont « faites pour ça ». C’est ce qui crée à terme, la division sexuée du travail : en France, seulement un métier sur cinq est réellement mixte. Si je vous dis « infirmière » ou « secrétaire », vous visualisez une femme. Si je vous dis « ingénieur ou informaticien », c’est souvent un homme. Cette division nourrit ce qu’on appelle le plancher collant : c’est le fait que les femmes sont concentrées dans des secteurs absolument indispensables, mais beaucoup moins valorisés financièrement.

Une fois en poste, elles font face à cette architecture de l’invisible : le plafond de verre qui bloque l’accès aux sommets (seulement 7 % de femmes PDG dans le CAC 40 aujourd’hui), ou encore la falaise de verre, ce mécanisme où l’on nomme des femmes à la tête de boîtes en crise, les exposant à un échec presque programmé.
Et si l’on cherche une différence marquante dans le traitement des carrières, on la trouve au moment de la grossesse. Même si tout s’est construit avant, la maternité agit comme un révélateur de préjugés brutaux. Pour un homme, devenir père est souvent synonyme de stabilité et de « prime à la paternité ». Pour une femme, c’est vu comme un « risque industriel ». On présume qu’elle sera moins disponible, moins engagée, ce qui freine son évolution avant même qu’elle ne soit enceinte ! Les chiffres ne mentent pas : après un premier enfant, le salaire des mères baisse en moyenne de 10 à 15 %.

Ce climat est entretenu au quotidien par différents agissements sexistes. Ils ont plusieurs visages et je vais vous en citer 3 :
On commence avec le sexisme bienveillant : avec des phrases types « Dites-moi mon p’tit ! ». Ça se veut gentil, mais ça infantilise et ça décrédibilise.
Le sexisme masqué qui est d’utiliser l’humour pour déléguer les tâches ingrates. « Élisabeth, fais le compte-rendu, toi qui écris si bien… ».
Enfin, le sexisme hostile où là on est sur du mépris ouvert, comme douter d’une compétence en disant qu’une femme est « trop émotive ».
Tout ce terreau mène au sommet de la pyramide des Violences et Harcèlement Sexistes et Sexuels au Travail. Les chiffres de 2024 sont accablants : 80 % des femmes considèrent que le sexisme est encore très présent dans leur milieu pro. Une femme sur trois a déjà subi du harcèlement sexuel au travail. C’est une réalité massive.
Alors, quand on entend que « l’égalité pro existe déjà » ou qu’on n’a plus besoin de quotas, c’est oublier la réalité des chiffres. Sans des mesures comme la Loi Rixain, les vieux réflexes de cooptation masculine ne bougent pas.

On récapitule notre pelote du jour : Les femmes sont plus diplômées, mais orientées dès l’école vers des métiers moins payés. Elles voient leur carrière freinée par les stéréotypes de la maternité et doivent naviguer chaque jour dans un environnement où le sexisme est omniprésent.

Qu’est-ce que ça donne à l’arrivée ? Un écart de salaire de 24 % en moyenne, tout confondu. Et la conséquence finale, la plus cruelle, c’est au moment de la retraite : les femmes touchent 40 % de moins que les hommes.

Le sexisme au travail a des impacts massifs : sur le salaire, sur le respect qu’on leur donne, et sur la place qu’on les autorise à occuper dans la société. Il y a encore beaucoup d’inégalités à détricoter.

Allez, on respire. On continue.

Parce que La pelote du sexisme… n’est pas prête d’être vide.

 

Diffusion mercredi 25 mars 2026 – 10h20 / 17h05

 

D.Rousson


La Pelote du SexismeprochainementSociété

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