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Culture

Raphaël TOURNIER

today02/02/2026 10 2

Arrière-plan
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Au téléphone, Raphaël Tournier, doctorant en deuxième année dans le cadre d’une thèse MITI CNRS pluridisciplinaire, en partenariat avec l’UGA (Université Grenoble Alpes), sous la co-direction de L. Husson, S. Prat et J.-R. Boisserie. Son sujet porte sur la dispersion des hominines dans les paysages changeants du Rift est- africain. L’objectif est d’aborder des questions de paléoanthropologie avec des méthodes de modélisation.

Il est aujourd’hui admis que les premiers hominines sont d’origine africaine et que la majorité des restes fossiles provient du système du Rift est-africain, souvent qualifié de « berceau de l’humanité ». Pourtant, de nombreuses questions demeurent, tant sur le plan écologique — quels étaient les environnements préférentiels de ces hominines, quelle était leur répartition à l’échelle de l’Afrique ? — que sur le plan évolutif — quelles relations existent entre les espèces d’hominines, quand sont-elles apparues ou disparues, et dans quelles conditions ?

Son approche consiste à reconstruire l’environnement physique de l’Afrique au cours du temps en combinant reconstructions géologiques et paléoenvironnementales grâce à des indices de terrain et des modèles numériques. Concrètement il reconstruis l’évolution du relief (montagnes, rifts, volcans), les climats passés, ainsi que la dynamique des fleuves et des lacs depuis 30 Ma. L’intégration de ces éléments permet aussi de reconstituer la végétation et ses variations au cours du temps.

Sur cette base, réalise des simulations numériques destinées à étudier la dispersion des homininés, leurs environnements et leurs niches écologiques. Ces modèles permettent d’identifier les zones favorables à leur présence, mais aussi les obstacles naturels — montagnes, déserts ou grands fleuves — qui ont pu freiner ou orienter leurs déplacements en formant des corridors de dispersion. L’intérêt majeur de cette approche est sa couverture géographique : « nos cartes couvrent l’ensemble de l’Afrique continentale et complètent les études de terrain, qui restent limitées par des contraintes géopolitiques ou la rareté des sites fossiles ».

Les premiers résultats suggèrent que l’évolution du relief africain — en particulier l’ouverture de la mer Rouge et l’activité dans la région de l’Afar — a pu modifier le climat régional et, par conséquent, les conditions de vie des espèces. Ils montrent également des variations majeures des grands systèmes hydrographiques : par exemple, il y a ~15 Ma le bassin du Congo s’écoulait vers l’océan Indien plutôt que vers l’Atlantique, et de très grands lacs aujourd’hui asséchés existaient au niveau du Soudan et du Tchad.

Ces éléments ont des implications directes pour l’interprétation des processus de dispersion et d’évolution des faunes, y compris des hominines.

 

Diffusion jeudi 5 janvier 2026 – 17h15

 

B.Bertrand


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