Retour sur l’armistice.

Les chroniques d Olivier Nottale / société / 18/11/2019

Avec un grand merci à l’Obs et à François Reynaert pour son article publié en ligne le 11 novembre 2019 :
« L’armistice marque-t-il la fin de la Première Guerre mondiale ? Les vainqueurs l’ont-ils accueilli avec soulagement ? »
Le printemps 1918 est un moment crucial de la Première Guerre mondiale. Dégagée de son front est, depuis que la Russie, aux mains des Bolcheviks, a signé la paix, l’Allemagne peut concentrer ses forces sur le front ouest. Elle sait aussi qu’elle doit faire vite. Les Américains ont rejoint le camp des Alliés en avril 1917, mais il leur a fallu du temps pour former leurs hommes qui ne débarquent que peu à peu. Le 21 mars, Hindenburg et Ludendorff, les inséparables qui commandent les armées allemandes, jouent leur va-tout. Ils lancent toutes leurs troupes sur le nord-est de la France dans le but d’obtenir la « percée » qui emportera la victoire. Elle est au bord de réussir… Désormais, les jeux sont faits.
Il faut pourtant encore plusieurs mois pour que Berlin se résigne à l’impensable : demander un armistice. Le 7 novembre, Erzberger, un député catholique centriste représentant le gouvernement allemand et sa petite délégation, passent la ligne de front et sont dirigés vers la clairière de Rethondes, dans la forêt de Compiègne, pour discuter les conditions du texte avec Foch, le chef militaire interallié. Celles qui leur sont proposés sont dures. Les Allemands doivent se replier jusqu’au-delà du Rhin, accepter l’occupation de la Rhénanie, livrer des armes. Quel moyen ont-ils de refuser ? Après quatre jours d’âpres discussions, à cinq heures du matin, dans un wagon restaurant, Erzberger, Foch et leurs délégations respectives signent l’armistice. Il est prévu pour entrer en vigueur à la onzième heure du onzième jour du onzième mois.
D’abord, il ne faudrait pas parler de l’armistice, au singulier, mais des armistices, au pluriel. Celui du 11 novembre est le plus important, puisqu’il est le dernier. Il est précédé de trois autres, signés par les trois grands alliés de l’Allemagne : la Bulgarie, le 29 septembre, l’Empire ottoman, le 30 octobre, l’Autriche Hongrie, le 3 novembre.
Ensuite, l’accord signé à Rethondes, comme les trois qui ont précédé, n’étaient donc que des armistices, c’est-à-dire des suspensions provisoires des hostilités, demandés par un des belligérants, dans le but d’étudier une sortie de la guerre. Celui du 11 novembre…(à suivre…)

Lundi 18 novembre 2019 - 10h15 / 17h15

O. Nottale