La TTF intraday, ou comment effrayer la bourse sans se fatiguer

Prends l oseille et tire toi / société / 16/04/2018

Vous ne le saviez peut-être pas mais, dans notre beau pays dont le président est un ancien banquier d’affaires, il y a une taxe sur les produits financiers et l’activité boursière. Si si, la taxe sur les transactions financières, de son petit nom la TTF, une taxe de 0,2 % exactement, qui porte sur certaines transactions seulement, et rapporte la somme faramineuse de 947 millions d’euros par an, pas même un milliard - à rapporter aux milliards brassés chaque jour par la bourse de Paris, qui est pourtant loin d’être l’une des plus actives de la planète.
Le 19 octobre 2016, l’Assemblée nationale, contre l’avis du gouvernement de l’époque, vote une extension de la TTF pour prendre en compte les transactions « intra journalières », dites « intraday » puisque, en matière de transactions financières, il vaut mieux employer les termes d’origine, forcément anglais. Comme toujours dans le monde bien heureux des spéculateurs (pardon, des investisseurs), il est difficile d’expliquer simplement ce que sont les transactions « intraday ». Disons qu’il s’agit d’opérations d’achat ou de vente d’un titre lors d’une même séance boursière, que même les plus aveugles considèrent comme de la pure spéculation, c’est dire. Dans près de la moitié des cas (c’est l’Autorité européenne des marchés financiers, AEMF qui le dit, pas moi), ces transactions sont réalisées automatiquement, par des programmes informatiques spécialisés, ce qu’on appelle le trading à haute fréquence.