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Araponga 96

Un premier hommage à Heitor Villa-Lobos

jeu 9 avril 2009 - 20h, rediff. dim 12 avril - 10h


mercredi 8 avril 2009, par Marta

Heitor Villa-Lobos (1887 – 1959) a fait plusieurs séjours à Paris, entre 1923 et 1930 et après la guerre. Ici, il a fréquenté la crème artistique de l’époque (Picasso, Prokofieff, Stokowski, Segovia, Milliet, Blaise Cendrars). Son acceptation à Paris n’était pourtant pas gagnée d’avance. Certes, il avait participé du mouvement d’art moderne de 1922 au Brésil (proche des mouvements artistiques parisiens) mais à son arrivée il aurait été lourdement critiqué, notamment par Jean Cocteau, qui ne le trouvait pas assez moderne. Il semble donc que c’est, en partie, l’opinion artistique française (en pleine valorisation de l’exotisme) qui aurait contribué à réconforter Villa-Lobos dans son intention de faire une musique encrée dans les traditions brésiliennes .

Attiré par les choses grandioses (gros cigares, grosses voitures) mais aussi par des gros projets (notamment ses projets pédagogiques), Villa-Lobos était quelqu’un de complexe. Qui dit personnalité complexe dit œuvre complexe (d’après les spécialistes). Son œuvre est divisée en plusieurs phases différentes et souvent imbriquées, comprenant symphonies, pièces pour cordes et pour piano, opéras, ballets, suites, poèmes symphoniques, concertos, musiques chorales et même musiques de film. Jusqu’en 1919 il fréquente les musiciens populaires mais compose des symphonies ; Dans les années 20, il est en fréquence avec les modernistes et compose choros, serestas, et cirandas ; Entre 1930 et 1945 il compose les Bachianas mais aussi des pièces pour guitare ; Et sa dernière phase, qui coïncide avec son séjour aux États Unis, serait un peu plus universelle.

Dans tous les cas, profondément marqué par une formation musicale classique, mais en même temps attiré par la musique populaire, Villa-Lobos était, à la fois, moderniste et conservateur, nationaliste et universaliste. Même si Bach a été sa plus grande influence, il va s’inspirer des chants, rythmes et mélodies populaires qu’il va explorer, enrichir, donner une structure érudite pour en faire une musique expressive et spontanée.

C’est à la suite de ses expériences en France (où il a laissé beaucoup enregistrements qui sont aujourd’hui des références) qu’on pense qu’il va côtoyer les idées nationalistes (qui prolifèrent au Brésil dans les années 30). Il va alors intensifier ses recherches et voyages à travers le Brésil, continuer à utiliser les rythmes populaires et développer ainsi un langage propre, entre le classique contemporain et le folklore brésilien. On dit que c’est le contexte socio-artistique moderniste qui va pousser Villa-Lobos à faire une musique nationale. Il s’approche des artistes brésiliens comme Mario de Andrade (qui comme lui était passionné par la culture populaire) et Manuel Bandeira (qui a écrit des textes pour quelques unes de ses compositions). Il va créer aussi le Conservatoire National de Chant Chorale et l’Académie brésilienne de musique.

De ce fait, Villa-Lobos aurait été très influencé par le milieu artistique français mais à son tour, aurait aussi influencé la France. Alors qu’au Brésil on valorisait la culture du premier monde, celui-ci s’inspire de la notre. Darius Milhaud, par exemple, va adapter en 1919, une musique du sambiste brésilien Donga (O Boi no telhado) pour en faire une pièce Le Boeuf sur le toit. C’est dans ce contexte que les artistes brésiliens sentent le besoin de développer un art national. Certains disent que les français ont fourni le miroir pour que les brésiliens se regardent ! Cependant, la quête d’une identité musicale brésilienne était plus générale à cette époque. Avec l’avènement de la radio et des disques, la musique populaire allait de toute manière s’imposer, dans un pays où la majorité de la population n’a pas une culture érudite. La samba et le choro vont petit à petit gagner du prestige.

Souvent critiqué par son nationalisme, son appropriation du folklore, sa personnalité excentrique et ses idées parfois confuses, on oublie parfois, tout simplement, de considérer son importance d’un point de vue purement historico-musical.

Sites :

musée Villa-Lobos
Magazine Villa-Lobos
Site canadien sur Villa-Lobos
Site musique classique
article en anglais sur Villa-Lobos
programmes radio
revue sur les relations Brésil-Europe
programme année de la France au Brésil

Livres et études :

Villa-Lobos à Paris : Un écho musical du Brésil - Anaïs Fléchet - L’Harmattan - 2005
O mistério do samba – Hermano Vianna – Jorge Zahar ed - 1995
A construção do samba – Jorge Caldeira – Mameluco ed ; - 2007
Historia social da musica popular brasileira – josé Ramos Tinhorao – editora 34 – 1998
Villa-Lobos Musicien et poète du Brésil - Marcel Beaufils - Travaux et mémoires de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine n°41 - 1988
O nacional na música erudita brasileira : Mário de Andrade e a questão da identidade cultural -Arnaldo Daraya Contier – 2004 - revue fenix

Playlist

titre interprète album année label durée
bachianas brasileiras n° 5 – Martelo Paulo Sergio Santos Villa por Choroes 2002 Kuarup 4,07
bachianas brasileiras n° 5 – Cantilena Elizeth Cardoso O inverno do meu tempo 1979 Som livre 2,40
Dansa Egberto Gismonti Trem Caipira 1985 Emi Odeon 3,02
Cantiga Milton Nascimento sentinela 1980 ariola 2,56
Mazurka-choro Sergio & Odair Assad Heitor Villa-Lobos : obra completa para violão solo 1978 Kuarup 2,34
O canto do pajé Maria Bethania Maria Bethanea : 25 anos 1990 Polygram 3,21
o canto do cisne negro Aquarela carioca Contos 1991 Visom 4,09
Estrela é lua nova Mario Adnet & Guinga Villa-Lobos : coração popular 2000 Indie 3,37
Dança do indio branco Arthur Moreira Lima Cartao de visita 2006 Karmi 4,11
Cançao do amor (A floresta amazonica) Cida Moreira Uma cançao pelo ar 2003 Kuarup 3,54
Suite populat brasileira : Schottisch-choro Rafael Rabello Villa por Choroes 2002 Kuarup 3,20
Preludio n° 3 (Preludio da solidão) Ney Matogrosso O cair da tarde 1997 Polygram 1,53
Gavota-choro Sergio & Odair Assad Heitor Villa-Lobos:obra completa para violão solo 1978 Kuarup 4,28
Cair da tarde Monica Salmaso Nem um ai Biscoito fino 2008 4,54
Nesta rua Ana Salvagni Ana Salvagni 2004 Tratore 2,47
Trenzinho do caipira Teca Calazans Teca Calazans canta Villa-Lobos 1999 Kuarup 3,54
Melodia sentimental Antonio Nobrega Nove de fevereiro 2 2007 Independente 4,53
Bachianas brasileiras n° 5 – Cantilena Paulo S Santos/JC Assis Brasil Villa por Choroes 2002 Kuarup 5,44

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