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- Situation toujours compliquée au Mali
mar 22 mai 2012 - 12h15
mardi 22 mai 2012, par
Après l’agression du président par intérim hier, Tiémoko Koné témoigne de la situation à Bamako.
Gilles Gouget : Les nouvelles sont plutôt chaotiques ces temps-ci. RFI titre aujourd’hui « le pays à nouveau dans l’impasse politique », suite notamment à l’agression du président Traoré, condamnée à la fois par les responsables de la CEDEAO, les dirigeants... notamment par François Hollande aussi, mais aussi... par les gens de la rue, les bamakois et les bamakoises, qui trouvent que c’est... que c’est pas sérieux, quoi.
Tiémoko Koné : Oui, tout à fait. L’agression a été condamnée parce qu’on était arrivé à une sortie de crise. Étant donné qu’il y a eu, qu’il y a déjà eu amnistie pour la junte au pouvoir, qui a décidée de... de rendre le tablier. Bon. Maintenant le problème qui se pose, c’est que le président qui a été agressé fait face à une contestation au niveau de certaines organisations comme la COPAM (Coordination des organisations patriotiques du Mali, ndr), qui disent qu’il faut forcément aller vers une convention nationale pour désigner le président de la république. Mais c’est quand même bizarre... C’est bizarre qu’il se fasse agresser comme ça, là, et que... (…) Je crois qu’il appartient aussi à la junte d’assurer... les aspects pratiques comme ça n’ont pas été... prévus. Parce que les médiateurs de la CEDEAO, eux, ils ont pas eu de... mesures d’accompagnement à prendre. Alors est-ce que ces mesures d’accompagnement on été prises ? Parce que dès le début la CEDEAO s’était aussi engagée pour venir avec des troupes protéger les institutions. (…) Dans une certaine mesure, aujourd’hui on comprend aisément que le président, et les institutions, vont être réellement protégées. Parce que souvent, dans beaucoup de cas les manifestants auxquels ils ont à faire face... ces manifestations viennent de la population de Kati, qui se trouve à deux lieues de Koulouba. Donc, même s’il y a des marcheurs qui quittent la ville pour monter sur Koulouba, ils se trouve que ces manifestants peuvent être rejoins par les femmes et les enfants de Kati qui sont en fait des femmes et des enfants de militaires. La situation se présente ainsi. Aussi, le président par intérim a à faire face à une contestation interne à son parti politique même, qui est l’ADEMA (Alliance pour la démocratie au Mali,ndr)
G.G. : Tout ça ne fait que retarder à la fois la mise en place d’un corridor avec le nord et puis la stabilisation du pays.
T.K. : (...). D’ailleurs hier y’a le premier ministre qui est sorti à la télé, qui s’est adressé aux populations en langue locale, ici, il a dit « voilà » que lui il a « pas choisi d’être premier ministre », et tout ça, là... donc ça évoque quand même un certain raz le bol au niveau du sommet de l’État, quoi. Il dit qu’il y a certaines choses qu’il ne faut pas faire. Donc il s’est adressé... dans un langage plutôt... assez ferme, quoi. Et il demande à ce que les gens arrêtent de... de marcher, de faire des choses qui vont à l’encontre du pays. Déjà que le pays a suffisamment de problèmes et que tous les jours que Dieu fait, les gens se posent la question de savoir « mais.., ;au Mali qu’est-ce qu’ils vont faire encore, qu’est-ce qu’ils vont nous sortir encore ? ». C’est à peu près ça, quoi.
G.G. : La situation à Bamako est plutôt calme aujourd’hui ?
T.K. : Il y a des groupes assez actifs, quoi. Et puis ils sont... ce que je pourrais qualifier dans le cas de figure en France, un tout petit peu comme... l’extrême droite et l’extrême gauche...
G.G. : Est-ce que tu as pu avoir des nouvelles du nord du Mali, et des radios ?
T.K. : Oui, y’a des nouvelles des radios qui ne sont pas bonnes, quoi. C’est des radios qui sont carrément... J’ai lu dans un quotidien, un confrère qui a écrit... qui disait que les radios du nord sont devenues... islamisées, quoi. Des radios islamiques, voilà ce que le confrère a dit. Et en plus, vous avez du suivre ça, y’a une grosse inquiétude par rapport à Tombouctou, la cité des 333 saints, qui est menacée. Donc y’a l »’UNESCO qui a prit des mesures rapport à ça, pour défendre le patrimoine qui est menacé. L’autre soir y’avait des groupes d’hommes qu’on a vu à la télé, ici, qui avaient... le type avaient carrément un manuscrit de Tombouctou dans sa main, quoi. Moi ça m’a forcément étonné parce que moi, je suis parti personnellement à Tombouctou, et quand je suis parti j’ai vu que les manuscrits étaient sous des vitres. J’ai même demandé au bibliothécaire « est-ce que je peux les toucher ? », et il m’a dit « non non non », que c’est trop vieux et qu’on peut pas les toucher. Et y’a aussi les tombaux des Askia qui sont menacés. L’UNSECO et le ministère de la culture ont demandé d’un commun accord que de même qu’on va organiser un corridor humanitaire, d’organiser de même un corridor susceptible de sauvegarder le patrimoine de l’humanité.
Animateur(s) :
Gilles Gouget
Réalisation Technique :
Gilles Gouget











