Araponga 85
Le combat des Guaranis-Kaiowas pour la terre et l’alimentation
jeu 23 oct 2008 - 20h, rediff. dim 26 - 10h
jeudi 23 octobre 2008, par Marta
Diffusion d’une ITV réalisée avec une délégation composée d’un représentant des indiens Guaranis-Kaiowas, de deux représentants de l’ONG FIAN (Réseau d’Information et d’Action pour le droit à se nourrir) et d’un représentant du Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI), en campagne internationale pour le droit à une alimentation adéquate.
Des infos sur les concerts à venir
Les peuples indigènes Guaranis-Kaiowas, de Mato Grosso du Sul (Brésil) occupaient, dans le passé, une large région, proche de la frontière avec le Paraguay et vivaient de chasse, pêche et agriculture de subsistance. Depuis la fin du 19ème siècle ils ont connu, progressivement, la perte de, pratiquement, tous leurs territoires, au profit de grands élevages, de l’agriculture de marché et plus récemment au profit d’une course effrénée pour la production de biocombustible (éthanol).
Les Guaranis-Kaiowas sont actuellement, parmi les peuples indiens brésiliens, ceux qui vivent les plus confinés dans des petites réserves : 40000 indiens vivent tassés dans environ 40000ha. Comme disais un ancien procureur de la République, "Au Mato Grosso do Sul, une vache a plus d’espace qu’un indien". La situation est dramatique ! Le peu de terre dont ils disposent sont insuffisantes pour garantir une production alimentaire autonome et ils dépendent de plus en plus du panier alimentaire distribué par le gouvernement brésilien. Les conséquences de cette situation sont nombreuses et graves. L’alimentation est inadaptée et insuffisante (malnutrition et mortalité infantile élevée) ; La déstructuration et désorganisation sociale génèrent des disputes internes, des homicides et des suicides (un des taux les plus élevés au monde).
Mais les Guaranis-Kaiowas ne restent pas les bras croisés, ils sont de mieux en mieux formés, ils s’organisent et luttent depuis des nombreuses années, pour ravoir leurs terres, à travers des actions diverses, pour faire pression sur le gouvernement fédéral brésilien et pour sensibiliser l’opinion internationale. Parfois ils payent de leur propre vie dans des conflits violents contre les défenseurs des grandes propriétés agricoles. Néanmoins, la question de l’accès à la terre au Brésil reste très complexe ; d’une part, par l’hétérogénéité de la demande pour la terre, de la part des peuples qui ont besoin de terres pour vivre (indiens, paysans sans terre, quilombolas, peuples de la forêt, peuples des rives, réserves naturelles etc) et d’autre part par une forte pression agraire pour l’agriculture et élevage de marché, l’agrobusiness, la monoculture et le biocombustible.
La démarcation par l’Etat brésilien, des terres des peuples indigènes, seule garantie au droit de l’usufruit pour ces populations, progresse de manière lente. D’une part cela implique des longues études ethnologiques et anthropologiques pour déterminer quel peuple occupait traditionnellement telle terre ; d’autre part parce que les procédures sont souvent ralenties ou interrompues par divers recours entamés par les propriétaires des terres, par des politiciens ou par des sociétés, opposés à la démarcation et/ou à la désappropriation. D’après les spécialistes, la démarcation des terres au Mato Grosso do Sul est plus complexe qu’ailleurs : Il s’agit d’un territoire proche de la frontière (et le lobby de la sécurité nationale est encore présent) ; La région a une colonisation et une économie établies ; La terre au Mato Grosso do sul est très adaptée à l’agriculture, très valorisée et par conséquent la spéculation est grande.
Derrière la question de la faim et de l’accès à l’alimentation, qui est urgente et immédiate pour les Kaiowas-Guaranis, il y a la question de reconquête de leurs terres ; bataille ardue de ces indiens et de tous les organismes qui les appuient sur le terrain et dans diverses actions à travers le monde.
L’ITV ci-dessous a été réalisée le 10 octobre 2008 à Castelnau-le-Lez (Lycée professionnel et agricole Honoré de Balzac), avec la participation de Hamilton Lopes (Guarani-Kaiowa), Egon Heck (Conseil Indigéniste missionnaire - CIMI), Jonia Rodrigues, (FIAN Brésil - Réseau d’Information et d’Action pour le droit à se nourrir) et Sébastien Eychenne (FIAN France).
Programmation musicale :
Concert le 30 octobre au Jam, Montpellier du jeune musicien brésilien, Munir Hossn, guitariste, bassiste et compositeur, avec une musique très originale qu’on pourrait appeler de jazz afro-brésilien. Il présente entre autres son album "Música d’Dentro" dans lequel il joue batterie, basse, percussions.
+ d’infos sur Munir HOSSN et La et Lo productions.
Playlist
| titre | artiste | durée |
| Sonhos guaranis | Almir Satter | 4’11 |
| Grupo Krahô | Marlui Miranda | 4’28 |
| O indio é o Brasil | Marcos Valle | 4’02 |
| O Guarani/O indio | Carlos Gomes/Caetano Veloso | 3’38 |
| Jurema | Rita Ribeiro | 3’31 |
| Tambu de roda | Munir Hossn | 5’36 |











Documents joints