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- Au lendemain du premier tour...
lun 23 avril 2012 - 17h30
lundi 23 avril 2012, par
L’hebdo politique d’Yves Le Bozec et Jean-François Gibert.
Analyse à chaud des résultats du premier tour en compagnie de jeunes élèves des écoles de journalisme et de jeunes politologues.
Divergentes et divers gens… provoscopiennes et provoscopiens, inscrits et non-inscrits, le Loup et le Renard vous saluent. En compagnie d’impétrants, une bande de jeunes qui ne pense qu’à prendre notre place ! Et, pourquoi pas !!!
Vous n’êtes pas sans avoir remarqué qu’hier était jour citoyen par excellence... Au point de vous avoir incité à déléguer votre pouvoir en abandonnant un mauvais bulletin de vote dans une urne prévue à cet effet. Samedi dernier, vous étiez encore plus de 35% d’inscrits à hésiter. J’y vais ou j’y vais pas ? De quel bulletin vais-je me déposséder ? Vous réfléchissiez tant que cela donnait encore de l’espoir au tiercé perdant de figurer, l’une ou l’autre, dans le duel final qui se déroulera le 6 mai prochain.
Toujours est-il que maintenant les dés sont jetés. Certes, ils roulent encore. Et un indicible suspens court encore chez ceux qui veulent croire que la démocratie peut se dissoudre dans la République par le suffrage universel direct. Comme quoi... personne n’est parfait.
Bon ! Où en sommes-nous ? A la surprise générale les deux Grands sont grands !!! Ils galopent loin devant les trotteurs.
Mais, si nous sommes ensemble aujourd’hui, c’est plutôt pour écouter ce qu’en disent les futurs analystes en formation. En quoi ce scrutin serait-il « normal » ou anormal : hollandais ou sarkozien ? Quelle tendance lourde voient-ils se dessiner au regard des présidentielles passées ? Que peuvent-ils attendre du deuxième tour et des législatives à venir en juin ?
Annonce des bruits de rue…
A écouter la jeunesse intronisée par les Anciens qui se s’est exprimé la semaine dernière sur notre antenne, à l’ouest comme à l’est, rien de nouveau. Notre club des cinq à qui nous avions proposé le pouvoir s’est révélé bien dans le moule ! A l’image de leurs aînés, ils n’envisageaient tous qu’un avenir nostalgique de quelque passé. La « minocratie » a raté son examen d’entrée. Mais, s’ils relisaient les oeuvres impérissables du Grand Timonier Mao, ils pourraient vivre dans l’espoir sachant que « d’échecs en échecs [on peut parvenir] jusqu’à la victoire finale !
Quoiqu’il en soit, ils ont parfaitement incarné la France de ce début de millénaire : une France molle ! Et puisque l’adage dit qu’un peuple a le chef qu’il mérite... ne nous étonnons pas si dans quinze jours c’est le Grand méchant flou qui l’emporte.
A présent Illicoscopie… Un petit tour et puis s’en va !!!
Présentation de l’actualité de la semaine… pour les invités.
Une chose est sûre : le directeur du département de Sciences Politiques de la faculté de droit de Montpellier ne sait pas compter. Dans une interview donnée au journal de référence montpelliérain, Midi Libre, il s’inquiétait du nombre de non-inscrits sur les listes électorales cette année... en décomptant deux millions. Hors, la France compte aujourd’hui 65 millions d’âmes bien nées. Et, sachant que les Français sont redevenus des lapins depuis dix-huit ans, ils ont enfanté près de 14 millions et demi de petits monstres qui n’ont pas encore le droit de s’exprimer démocratiquement par le vote. Une simple soustraction permet de constater que 50 millions et quelques de Français sont en âge de voter. Or ils n’ont été que 45 millions à s’inscrire sur les listes électorales. Donc, s’il vous plait, les non-inscrits représentent environ 5 millions d’individus de tous âges et de toutes conditions. Comme dirait l’autre, c’est pas pareil...
Si vous voulez bien rajouter les 15 millions d’électeurs qui se sont abstenus pour quelque raison que ce soit et les quelques centaines de milliers qui ont voté blanc ou nul... vous obtenez le plus grand parti de France : celui des « emmerdeurs », les empêcheurs de démocratiser en rond.
Et encore, je vous dispense d’ajouter les quelques 15 millions de citoyens qui ont voté inutile juste pour protester !
Bref, sur 50 millions de citoyens, seuls une quinzaine de millions, un tiers, ont voté pour élire le Président de la République... Et le « winner » aura l’aval d’une grosse moitié de ces 15 millions-là !
Ah ! Elle est belle la démocratie française !!! (Ferré...)
Mais qu’en dit la génération Y ? Celle qui nous pousse vers la sortie ? Là est la question !!!
L’interview.
Comment analysez-vous globalement le résultat de ce premier tour de la présidentielle ? Est-il le reflet de l’état de la France et des Français ?
Que pensez-vous des commentaires anonés par vos aînés sur tous les médias depuis hier 20 heures ? Qu’auriez-vous fait ou dit de mieux ?
Faisons un peu d’arithmétique : la France est-elle aujourd’hui de gauche... de droite... ou contestataire voire protestataire ?
Comment analysez-vous le décalage de votes entre les villes et les campagnes ?
Quid du vote de la jeunesse ? D’après ceux que vous connaissez, ce que vous vivez au quotidien, où se situent les jeunes aujourd’hui sur l’échiquier politique ?
La controverse.
Quelle analyse faîtes-vous concernant les non-inscrits, les abstentionnistes, les votes blanc ou nul ?
Le résultat de Sarkozy traduit-il un vote sanction ?
Quel fut le rôle des médias dans la campagne ? Et le rôle des instituts de sondage ?
L’extrême gauche et l’extrême droite existent-elles encore aujourd’hui ?
Pourquoi, selon vous, le centre est-il en situation d’échec ? Bayrou peut-il encore être au moins l’arbitre du second tour ?
Surtout, quel rapport faîtes-vous entre la situation de la France et le vote de dimanche ?
Quoiqu’il en soit, rien ne se comprend sans avoir recours à l’Histoire...
Alors, permettons un court instant à nos neurones de flotter dans les limbes divergentes en nous laissant bercer, faute d’illusions, de quatre notes de musique !
Rétroscopie… Heurts et malheurs du Suffrage Universel Direct en France.
Présentation du « retour sur Infos ».
Souvenirs, souvenirs... Depuis maintenant 164 ans, ça fait un bail, la vil multitude des Français s’est vu octroyer le suffrage universel direct. Et, dès le début, ils ont dérapé... en élisant Badinguet, le neveu de l’empereur, Président de la République. Certes, ce dernier n’était pas censé procéder à un coup d’Etat quatre ans plus tard pour instaurer le Second Empire. Mais, nos élites ont jugé dès lors qu’il était dangereux de donner la parole à un peuple si prompt à la démagogie. Et de cantonner les présidents sous la IIIème et sous la IVème République dans l’inauguration de chrysanthèmes jusqu’à ce que le Général ne s’en mêle !
Et, du fait de la forfaiture dénoncée par le président du Sénat de l’époque Gaston Monerville, parce que le nouveau césar républicain disposait de pouvoirs abyssaux, par la magie référendaire, voilà que le Président de la République allait à nouveau recevoir l’onction du suffrage universel direct à partir de 1965.
Depuis, six présidents ont occupé le fauteuil : cinq de droite et un dit de gauche. A croire que la France est irrémédiablement de droite !
A ce sujet, le renard pourrait avoir son mot à dire !
Le billet du renard…
Interview.
Partons pour un petit tour de l’échiquier politique français ...
Si on faisait un classement des partis politiques à la mode gorbatchévienne : entre réactionnaires (qui rêvent du passé), conservateurs (qui se complaisent dans le présent) et progressistes (qui se projettent dans le futur).
Qui serait réactionnaire ? Avec de vieilles recettes...
Qui serait conservateur ? Dans la série on sait ce qu’on a à perdre, alors ne bougeons pas...
Qui serait progressiste ? Avec des innovations même et surtout iconoclastes ?
Controverse sur la « morgue » dans les Infos.
Mais de qui seraient-ils les héritiers, nos prétendants au trône républicain ?
Amusons-nous un moment : je vous cite quelques personnages emblématiques et vous me dîtes à qui vous les associez parmi les dix candidats... Jaurès, le tribun (pour Mélenchon)... Bonaparte, l’homme de cour (pour Sarkozy)... Delors, l’entêté (pour Bayrou)... Mitterrand, le menteur synthétique (pour Hollande)... Jeanne d’Arc et ses voix (pour Le Pen)... Fouché, le juge qui flique (pour Joly)... HG Wells, le futurologue (pour Cheminade)... Louise Michel, l’amazone (pour Arthaud)... Michel Debré, le rebelle soumis (pour Dupont-Aignan)... Blanqui, le révolutionnaire emprisonné (pour Poutou)... Et si nous reprenions le triptyque français : liberté, égalité, fraternité !
Quels seraient les candidats qui incarneraient le plus : la liberté ? L’égalité ? La Fraternité ?...
Pour chacun, donnez un ordre pour les trois mots...
Bon, les grands maux du passé ne font pas un avenir qui chante ! Mais, avant de franchir les limbes du temps pour nous projeter dans le quinquennat à venir, accordons-nous à nouveau quatre notes de musique afin que nous reprenions notre respiration !
Futuroscopie : Ils ont voté… et puis après !
Présentation de la Futuroscopie de la semaine…
Eh bien oui ! Rien ne va plus. Comme au casino, les dés sont jetés. Ou encore, pourrait-on dire, la boule blanche de la roulette se fatigue dans sa course circulaire.
Les citoyens qui se pensent démocrates ont jeté leur bulletin secrètement dans l’urne. Il en ressort un tandem admis au second tour : un austro-hongrois balkanisé et un haut-normand au talent flou. Quant aux autres, ils sont rangés vaille que vaille dans le camp des souteneurs, pardon des soutiens... A l’exception certainement de Marine, l’indigne fille de son père qui a maintenant du vague à l’âme et de l’imprécatrice Arthaud, l’indigne camarade d’Arlette qui bat la retraite !
Alors, à quoi allons-nous jouer durant les quinze prochains jours ? Au jeu des sept familles ? Au Mistigri, voire à la dame de pique ? Ou bien au poker menteur ?
Dans un camp, l’incarnation de la France forte ; dans l’autre, celui des Français mous ! L’un est un progressiste qui rêve de conservatisme ; l’autre un conservateur qui cauchemarde le progressisme. Un monde ? Non, la France de 2012.
Et, au milieu, 65 millions de « gens » comme dirait l’autre, fracturés entre inclus et exclus. Déboussolés le plus souvent, perdus entre le labyrinthe hexagonal et le puzzle mondialisé.
En fait, cela va donner quoi : « le changement, c’est maintenant » ? M’autoriserais-je, une fois encore, un clin d’oeil au futur aussi hypothétique soit-il ? Un ? Ou plutôt deux ! Un billet que j’intitulerais : Le grand duel des frères ennemis noyés dans une vague bleu marine !
La chronique du loup : « Fais-moi peur… »
Le grand duel des frères ennemis noyés dans une vague bleu marine !
Lundi 7 mai : réveil en fanfare. Mais après une soirée de lion, l’adage suisse prévient : « matin de cons » ! François II, dit « p’t’être ben qu’oui, p’t’être ben qu’non », préside à nos destinées. Non ! Il préside : un point, c’est tout...
Car, au-delà de son intronisation qui aura lieu en signe d’ascension jeudi 17 au zénith, se profile celle qui est dorénavant l’élection reine : les législatives.
Depuis la réforme constitutionnelle de 2008 et le charcutage des circonscriptions opérées par le compagnon Marleix, c’est le Parlement qui détient la clé des pouvoirs : législatif, certes, mais aussi exécutif. François II n’est en rien François 1er. Sans majorité à la chambre, point de cabinet hollandais. Et c’est là que le bât blesse !!!
Alors, permettez-moi deux hypothèses : une de droite, une de gauche.
Nous sommes le dimanche 18 juin, tiens... le 18 juin ! Et les résultats tombent tels la guillotine sur le cou de l’innocent... La droite l’emporte en sièges à l’Assemblée Nationale. Une victoire à l’emporte pièce : trois sièges de majorité. Et Fillon de lancer un vibrant appel sur les ondes depuis les studios de la BBC à Londres !Mais il s’embrouille dans la chronologie : il confond le 18 juin et le 13 mai. Peu importe. Avec son accent sarthien, on n’échappe pas à ses origines, et ses mains propres, il bleuit d’aise. Le gouvernement sera national ou ne sera pas ! Et d’appeler à la Révolution Nationale pour en finir avec la mélenchonisation des esprits. Et nous voilà, pauvres Français, embarqués pour au moins dix-huit mois de cohabitation avec le Grand méchant flou ! Un cauchemar, vous en conviendrez...
Prenons plutôt la deuxième hypothèse. Nous sommes toujours le 18 juin ; mais personne n’y prête garde ! Le camembert qui se dessine sur les écrans télévisuels est bien normand quoique hollandais. La Gauche l’emporte en sièges. De peu, mais quand même ! Tout va bien dans le meilleur des mondes. Dans le meilleur des mondes ? Et Cambronne de marmonner : « eh, merde » !!! Si la gauche est majoritaire, c’est malgré le Parti Socialiste. Le Front de Gauche et les Verts sont incontournables. Incontournables ?… Surtout, et François II le sait, ils sont aussi ingérables qu’un troupeau de Frêche lâché dans l’hémicycle ! Gouverner avec eux, impossible à moins de se renier. Gouverner sans eux... Allo ! Mon petit François ? Et si nous préparions une sauce béarnaise avec quelques cornichons ? Et François le petit de mégoter avec sa poignée de mousquetaires sur le retour.
Mais alors, que faire ? Sinon du Mendès-France : gouverner à vue ! Sans majorité. A la mode d’un Rocard. Ou d’un Delors qui serait subitement devenu démocrate. Allo ! Jacques, mon vieux camarade ? Pourrais-tu me doloriser Martine avant que je ne l’emmène au cirque ? Et le Jacquot de démissionner comme à son habitude !
Mais alors... on est vraiment dans la merde ! Bon, de toutes les façons : aléa jacta est, le sort en est jeté !… Mais non, comme d’hab’, je déconne...
Interview.
Pourriez-vous nous dresser un portrait à la façon de Attali, en deux phrases qui claquent, des deux impétrants ?
Allons-y : Le Petit Nicolas... puis le Grand méchant flou...
Au-delà, que vont devenir l’UMP et le Front National ?
Quelle place voyez-vous au Front de Gauche ?
Quelle marge de manoeuvre aura réellement Hollande ? Vis à vis de la finance, de l’Allemagne, de la Chine... du monde.
Autrement dit : que peut-il vraiment changer maintenant ?
Croyez-vous en un « état de grâce » au lendemain du « jour de gloire » que promet d’être la présidentielle ?
Quelle serait l’Assemblée qui vous séduirait le plus ?
Controverse avec les invités.
Que pensez-vous de la mort des idéologies ? Est-ce une réalité ? Une bonne chose ?
Quel avenir voyez-vous à la presse au sens large du terme ? Sera-t-elle encore, et pour combien de temps, le quatrième pouvoir ?
Ne pensez-vous pas que le temps de la démocratie est révolu ? Que faudrait-il inventer pour que vive la République ?
Tout le monde a prêché la « vérité » durant la campagne. N’ont-ils pas confondu avec la réalité, autrement leur vérité ? Et quid de celle du bon Peuple ? On a dit que le permis de conduire n’avait rien à faire dans la présidentielle. N’était-ce pas simplement oublier les jeunes ?
Quand pensez-vous que la génération « Y », la vôtre, aura enfin des idées à elle et prendra le pouvoir ?… Quand elle sera suffisamment vieille ???
Eh bien... c’est pas gagné !!!
Mais encore…
Pour conclure, dans quinze jours, une seule chose est certaine, les Français auront le Président qu’ils méritent ! C’est précisément là le problème !!!
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P.-S.
Remerciements à la technique en la personne de Bruno Bertrand. Semaine prochaine, c’est la fête du Travail. Alors… Provoscopie chôme !!!
Semaine suivante… c’est la fête de la Résistance. Alors… Provoscopie résiste !!!
On se retrouve en direct pour les résultats de la présidentielle, le lundi 14 mai à 12h30.
En attendant, BONJOUR CHEZ VOUS… Et n’oubliez jamais que, tout compte fait, la révolte n’est pas un droit mais un devoir !!!
Animateur(s) :
Yves Le Bozec et Jean-François Gibert
Réalisation Technique :
Bruno Bertrand











