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- ARTAUD Van gogh le suicidé de la société
HICOPPAMPE INFINI N°2
mardi 04 avril 2006, 09h10, 12h40, 17h40
mardi 4 avril 2006, par
A l’heure de la parution du livre d’Emmanuelle Venet Ferdière, psychiatre d’Antonin Artaud, il m’a semblé important de revenir sur un grand texte de la littérature française, écrit par Artaud, Van gogh, le suicidé de la société.
Le livre de Venet cherche revaloriser le docteur Ferdire ou du moins a expliquer son attitude (manque de souffle potique parat-il ! ) lui qui fut le psychiatre d’Artaud pendant 3 des 9 ans qu’il passa l’asile de Rodez. 9 ans pendant lesquels il subit lectrochocs et dgts psychologiques dont il gardera jamais la brlure.
Artaud, n’a pas t le seul a tre clou sur la porte comme un vieux hibou, il en parle dans cet essai qui fut crit dans les derniers mois de sa vie, et qui, mieux que lui, qui en fut la victime, pouvait dnoncer le comportement hideux de la psychiatrie, la psychiatrie qui aurait cre la folie de toute pice pour dissimuler la vritable alination.
Et face l’art apparat toute l’ampleur de cette hypocrisie
La psychiatrie cherche plier rendre raisonnable...Et Artaud refuse d’adhrer cette machination qui tend mettre de cot les gnies, qui drangent, effraient la socit. Face au conformisme bourgeois, normalisant et normalis, Artaud cri et vocifre. Dnonant les esprits troits capables de sacrifier aux codes le gnie, par essence, dchan. Il voit dans la psychiatrie une mdecine perscutrice, le bras arm dfendant par la force la sant d’un monde d’avachis .
"Et, je le rpte, un monde qui, jour et nuit, et de plus en plus, mange l’immangeable, pour amener sa mauvaise volont ses fins, n’a, sur ce point, qu’ la boucler."
Van Gogh, le suicid de la socit, c’est une rencontre entre 2 fous , alins oui, mais par sens de l’honneur, en toute lucidit, deux hommes exigeants et exalts.
Un grand essai sur l’art, un hommage magnifique et poignant. Artaud nous y donne voir les peintures de Van gogh comme aucun autre que lui n’aurait pu les voir. Contre l’ide d’une peinture morte, telle que Lonard de Vinci la faisait, ce peintre de cadavres, qui travaille sous la dicte des lois de l’anatomie, avec ses corchs exacts comme des machines . Artaud, avec toute son energie de vivant nous fait adorer Van Gogh. Van Gogh qui, dans chacune de ses virgules hache, lacre, ventre le rel, la matire vivante.
Artaud cherche abolir les barrires entre vie et art, et cela passe par la destruction totale des valeurs sociales. Considrer que cette destruction est symptomatique de schizophrnie (de type dgnr dirait le docteur Gachet, psychiatre de Van Gogh) n’exprime que notre incapacit reconnatre l’art et son gnie. Mais cette pulsion de destruction tait avant tout et surtout chez Artaud une violente pousse vitale. Le savait -il Ferdire, lui qui tait incapable de distinguer la littrature et la graphomanie ?
Antonin Artaud, insurg, insoumis, fait oeuvre dans ce texte de testament littraire, et aujourd’hui, beaucoup rclament son hritage, il leur aurait sans doute crach dessus comme il l’aurait fait sur ce texte pompifiant, qui est mille lieux, de la cration viscrale qui l’a anim, toute sa vie.
Il faudra rpter nouveau que rien ne vaut la lecture des textes par leurs auteurs, et qu’il faut viter, absolument, toute critique de gens renseigns ou pas.
Car ce n’est pas pour ce monde ci, ce n’est jamais pour cette terre ci que nous avons travaill, lutt, bram d’horreur, de faim, de misre, de scandale, et de dgot, que nous fumes tous empoisonns, bien que que par elle nous ayons tous t envots, et que nous nous sommes enfin suicids,
Un pome hurlant jet la face d’une socit assassine.
Un fou Artaud ?
Van Gogh le suicid de la socit est disponible chez Gallimard collection l’imaginaire.
Animateur(s) :
Caroline Novara











